L’extractivisme : entre besoins économiques et défis environnementaux

L’extractivisme, un terme de plus en plus présent dans les discussions sur l’environnement et le développement, évoque un modèle économique basé sur l’exploitation intensive des ressources naturelles.

Comprendre l’extractivisme

L’extractivisme est un modèle économique qui repose sur l’extraction massive et l’exploitation intensive des ressources naturelles, telles que les minéraux, les hydrocarbures, les forêts, et l’eau, dans le but de répondre aux besoins économiques, industriels et énergétiques d’une société. Ce modèle est souvent associé à une vision de la croissance économique qui dépend fortement de la transformation et de la vente de ces ressources sur les marchés mondiaux.

On parle souvent d’extractivisme dans des régions défavorisées, dont les sols et sous-sols sont riches en matériaux exploitables. Cependant, cette richesse en ressources naturelles ne s’accompagne pas du bien-être des populations, qui doivent faire face à la pauvreté et aux inégalités sociales. On parle alors de “malédiction des ressources” (Acosta, 2013 ; Gilberthorpe, Hilson, 2014).

Les principaux traits de l’extractivisme

  • Exploitation à grande échelle : l’extractivisme se caractérise par une exploitation à grande échelle des ressources naturelles, généralement par des entreprises, pour alimenter la production industrielle et la consommation de masse.
  • Impact environnemental : cette extraction intensive a souvent des conséquences environnementales graves, telles que la déforestation, la pollution de l’eau et de l’air, la perte de biodiversité, et le changement climatique.
  • Inégalités sociales : l’extractivisme peut engendrer des inégalités sociales en concentrant le pouvoir économique entre les mains d’un petit nombre, tandis que les communautés locales, souvent les plus touchées par les impacts environnementaux, ne bénéficient que peu des retombées économiques.
  • Dépendance économique : les économies dépendantes de l’extractivisme peuvent être vulnérables aux fluctuations des prix des matières premières sur les marchés internationaux.
  • La violence : ces soixante dernières années, plus de 40 % des conflits civils étaient liés aux ressources naturelles. Si elles ne constituent pas les causes premières de conflits complexes et aux motifs avant tout politiques, territoriaux ou identitaires, ces ressources viennent alimenter la violence dans des zones où l’exploitation et le commerce des ressources naturelles permettent à de nombreux acteurs armés, coupables de graves exactions à l’encontre des populations, de se financer. En s’approvisionnant en ressources issues de ces zones de conflit ou à haut risque, les entreprises sont susceptibles d’entretenir les conflits au détriment des droits humains, de la paix et du développement.

L’extractivisme, un danger humain et environnemental

L’extractivisme fait l’objet de nombreuses critiques. Elles portent sur différents sujets.

En premier lieu, l’extractivisme est un danger environnemental. En effet, les méthodes d’extraction et d’exploitation agressives entraînent des dommages environnementaux durables, mettant en péril la biodiversité et la santé des écosystèmes. Par ailleurs, l’extraction et la combustion de combustibles fossiles dans le cadre de l’extractivisme sont une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi au changement climatique.

D’un autre côté est visée l’injustice sociale. Les populations locales, souvent autochtones, sont fréquemment déplacées ou touchées par la pollution, sans bénéficier de manière adéquate des profits tirés de l’extractivisme.

Cela crée également de la dépendance économique. Les économies trop dépendantes de l’extractivisme sont ainsi vulnérables aux fluctuations des prix des matières premières et aux perturbations du marché mondial. La guerre entre la Russie et l’Ukraine et la crise des matières premières qui a suivi en ont été un exemple flagrant.

Quelles alternatives à l’extractivisme ?

Face aux défis posés par l’extractivisme, de nombreuses voix dont celle du CCFD – Terre Solidaire plaident en faveur de transitions vers des modèles économiques plus durables, tels que l’économie circulaire, l’agroécologie, et les énergies renouvelables. Ces approches visent à réduire la dépendance aux ressources naturelles tout en favorisant une meilleure répartition des bénéfices économiques et en préservant l’environnement.

L’extractivisme, en tant que modèle économique centré sur l’exploitation intensive des ressources naturelles, suscite des questions cruciales sur le développement durable, l’environnement et la justice sociale. Alors que les pressions pour une transition vers des modèles plus durables s’intensifient, le débat sur l’avenir de l’extractivisme se poursuit, soulignant l’importance de trouver un équilibre entre la satisfaction des besoins économiques et la préservation de la planète.

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Manifeste

Agir sur les causes de la faim plutôt que réagir quand la famine est là

Il est intolérable que plus de 800 millions de personnes à travers le monde continuent à souffrir de la faim.

Régler le problème de la faim est un préalable à la résolution de toutes les autres injustices telles que l’accès à l’éducation et à la santé, la pauvreté…

Nos 60 ans d’engagement contre la faim nous ont appris une chose importante : la faim est comme une maladie, si vous ne soignez que les symptômes, sans vous attaquer aux causes, elle reviendra.

Notre objectif est de permettre à tous de se nourrir durablement de la terre. Car si nous donnons à chacun les moyens de prendre en main son autonomie alimentaire, l’objectif d’un monde sans faim est atteignable.

Le CCFD-Terre Solidaire accompagne des projets mis en œuvre par des partenaires locaux qui refusent de subir et ont choisi d’inventer des solutions pour maîtriser leur destin.

Ainsi depuis 60 ans nous tissons des partenariats avec des associations dans près de 70 pays en développement qui mettent en place les solutions les plus adaptées à leurs réalités locales comme des projets d’agroécologie paysanne et familiale, de protection des droits des communautés autochtones et de la biodiversité…

L’objectif de faire disparaître la faim d’ici la fin de la décennie est à notre portée.

Si nous nous mobilisons tous.

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